lundi 1 juillet 2013

Au revoir mon oncle

 
 
 
Il nous a quitté dans la nuit de mardi mon (grand)oncle, mon grand-père d'adoption, mon personnage d'Audiard à moi toute seule. Le chapeau toujours vissé sur le crâne, devenu un peu chauve, le parler franc et les yeux bleus comme les agates avec lesquelles il a dû jouer quand il était petit.

C'est difficile de parler de quelqu'un quand, déjà, c'est son absence qui vous habite.
Je pourrais vous dire ses expressions rudes et tendres à la fois, sa façon à lui de bougonner gentiment. Je pourrais vous parler aussi de ses doigts d'or qui ont réparé, construit, dépanné tous les objets, grands ou petits, de ses proches et de ses voisins. Mais aussi de ses connaissances, plus ou moins proches.  

Mais là, je ne pense qu'à la chaise vide qu'il laisse dans sa cuisine, à son atelier qui ne servira plus et à sa voix, un peu forte parce qu'il était devenu un peu sourd, qui ne résonnera plus que dans nos souvenirs.

Il était de cette génération qui a commencé très tôt à travailler. Il a travaillé à l'usine. Il a fait les postes, il a fait les nuits. 
Quand il a eu des chiens, toujours des fox et toujours des filles, il les emmenait avec lui pour faire un tour des remparts. Tout le monde le connaissait. Lui, son chapeau marron et sa voix qui portait loin.

Il détestait la vantardise et le manque de modestie. Il était destiné à devenir architecte mais la guerre était passée par là. Il a dû arrêter l'école et se mettre à travailler. Si on en parlait, il se fâchait. Non pas parce que c'était un regret, mais parce qu'il était de ceux qui ne se faisait jamais passer pour ce qu'il n'était pas. Il est devenu ouvrier. Il aurait pu devenir contre-maître, mais il appréciait trop ses collègues pour leur donner des ordres. Comme il était devenu indispensable, professionnellement et humainement, il en a assumé les fonctions, sans les honneurs.
C'est pour ça qu'il a voulu partir de ce monde sans Dieu, ni foule, ni annonce. Son fils m'a dit le jour de sa crémation "Lui qui toute sa vie a mit tout le monde en boite a voulu finir dans une boite". Mais comment mettre dans une si petite boite un tel personnage et un coeur si grand ?

Il détestait les parvenus et les personnes qui s'attribuent de la valeur. Surtout quand celle-ci s'étale dans les vêtements et les manières fausses. C'est grâce à lui que je les vois tels qu'ils sont réellement. Ceux qui donnent l'impression qu'ils viennent d'enfiler un costume ou un ton snob, vous savez comme si tout ça était trop neuf pour eux. Ils mettent un bermuda pour faire oublier qu'ils ont porté un chapeau de cow-boy ou mangent leur banane en levant le petit doigt pour masquer leur façon grossière de traiter leurs proches.
Vous les reconnaîtrez facilement : autour d'eux il y a, quand ils ont de la chance, des personnes honnêtes qui les méprisent ou, le plus souvent, des courtisans, mais jamais des amis.
Mon oncle était tout le contraire de ces gens-là. Son fils, encore, m'avait dit un jour qu'il avait "un rapport sain à l'argent". Il aurait pu être riche, s'il avait fait payer d'une simple obole chaque objet réparé. Mais se faire rétribuer pour quelque chose qui l'obligeait à se torturer les méninges et faisait tout son plaisir, lui paraissait quelque chose d'aberrant.

L'annonce de sa mort n'a pas été rendue publique parce qu'il ne voulait pas de publicité. Pourtant, ceux qui l'aimaient sont venus, avec quelques mots, quelques fleurs, quelques paroles et aussi des sanglots et des sourires en pensant à lui. Parce qu'il était là quand on avait besoin de lui, parce qu'il avait toujours une blague ou un baiser sincère. Parce que ses sourcils fronçaient et sa voix grondait, mais ses yeux riaient.
Et surtout, il était une source sans fond de chaleur humaine. Je me souviens avoir dormi chez lui. (Je crois que je devais passer mon permis très tôt. Peu importe). Il m'avait taquinée de mon réveil difficile, lui qui avait gardé l'habitude de se lever vers cinq heures, mais il avait allumé le radiateur dans la salle de bain et m'avait fait couler un bain.

Maintenant, il est partout dans nos vies. Il est dans ma cuisine parce qu'il m'a fabriqué un objet unique pour décapsuler les boites de conserve soi-disant faciles à ouvrir. C'est un objet en longueur et en bois qu'il m'a donné en double exemplaire. Je ne suis pas la seule dans la famille, mais j'ai le privilège d'avoir la version la plus élaborée. Je m'en sers aussi pour broyer des herbes. Et surtout la menthe que je mets dans les mojitos. Je suis certaine que cela le fait rire. Moi pas. On n'a pas eu le temps d'en boire ensemble. Alors les prochains seront toujours à sa santé. C'est le moins que je puisse faire.
Il a dansé à mon mariage avec élégance (et avec ma tante aussi). Et depuis que je suis gamine, il y a, dans mes différentes bibliothèques, un équilibriste sur deux fils. C'est un simple montage de bois et de fil. Il fonctionne et il fonctionnera toujours. Son mouvement souple m'apaise inévitablement.

Il nous a quitté à 84 ans. Ce n'est pas tôt dans l'absolu. Mais c'est difficile à accepter. Comme si on nous demandait de renoncer à une partie du ciel bleu.
Le petit scottish de mes parents n'a pas supporté le départ définitif de son "dog-sitter" préféré. Et puis ils avaient maintenant le même âge (oui en âge de chien évidemment). Alors, petit chien a décidé d'aller le rejoindre quelque part où il pourront se promener éternellement sans les soucis de l'âge.

En écrivant ce texte, j'ai écouté un passage du film "Le Président" d'Henri Verneuil, avec Gabin qui sert magnifiquement les dialogues d'Audiard. Évidemment.

A revoir mon oncle.

lundi 20 mai 2013

Mes recettes préférées sont dans des films

 *

J'ai quelques obsessions, vous le savez : la cuisine en fait partie, mais aussi le cinéma. Rien ou presque de marquant ne peut arriver dans ma vie sans que je lui trouve une correspondance dans un film. Pire, je cherche parfois des réponses auprès de personnages qui se trouvent dans des situations identiques aux miennes. Mais, si le cinéma imite parfois la vie ou s'inspire de choses vécues, je dois bien reconnaitre qu'il n'est pas la vie ! Sauf... dans ma cuisine.

Les liens que je vais faire sont sans conséquence pour ma santé mentale et mon adhésion à la réalité, puisqu'il s'agit simplement de choses délicieuses qui ont marqué mon esprit. Et j'ai simplement eu envie d'imiter l'un ou l'autre personnage du film en particulier.

Voici donc quelques recettes qui jalonnent ma mémoire et sont, définitivement, entrées dans ma vie :
(Autant vous avouer tout de suite, cette chronique n'aura aucune chronologie temporelle, elle suit simplement les méandres de ce à quoi je me suis attachée durant ces... 25 dernières années !)

Commençons avec légèreté par la salade Warldof ("Warldof salad") : Déjà, je fais amende honorable puisque je vous annonce les "films de ma vie" et je démarre cette liste avec une série, Fawlty towers, aussi honorable et drôle soit-elle. Je pense sincèrement qu'elle a définitivement marqué mon adhésion à l'humour anglais, absurde et farfelu. Il s'agit d'un hôtel anglais, tenu par un couple aussi mal assorti que possible, et dont l'incapacité à tenir un hôtel, les malentendus et l'incompétence totale forment un cocktail aussi détonnant que jubilatoire. Ce qui explique qu'un soir ils se trouvent sans chef à devoir satisfaire les exigences d'un couple d'américains, très vite agacé par le service déplorable face à leurs demandes. Je vous passe le passage du cocktail "screwdriver " (Tournevis) qui ne sera jamais servi pour arriver à la fameuse salade dont personne dans l'hôtel ne connait la composition, à l'exception du client qui excédé finit par s'écrier "Vous avez bien de la laitue, des pommes, des noix et du céleri branche quand même !" (voyez, en plus je vous livre les ingrédients). Basil, inénarrable directeur, fait répéter le client, prend note et part dans la cuisine préparer la salade. Evidemment le comique de la situation vous échappe, mais moi je me sens tellement anglaise, compétente et originale quand je la prépare...

Comme tout le monde, j'ai vu des dizaines de fois le film La Boum : Vic, invitée dans le très beau Restaurant La Coupole, par son arrière-grand-mère Poupette - vous savez celle qu'on rêverait tous d'avoir- décide après réflexion de commander un poulet aux girolles.
Je sais que ce restaurant est très beau car il a été le thêatre d'un des plus beau moments de ma vie. Tout au début de notre relation, mon chéri, alors qu'il travaillait sur Paris, et que j'étais venue passer une semaine de vacances avec lui, m'y avait invitée.
Petit aparté : C'était un temps inoubliable, où chaque soir se transformait en une découverte culinaire : le Planet Hollywood qui était encore sur les Champs, le Coupe-chou, connu des grands du théatre, également un merveilleux restaurant thailandais, qu'on n'a jamais retrouvé, et bien-sûr La Coupole. 
Mue par mon souvenir j'y ai,bien entendu, commandé le fameux poulet aux girolles. Il y a quelque chose de magique à trouver dans une carte un plat gardé si longtemps dans un coin de votre mémoire, comme s'il vous y attendait depuis tout ce temps. Et lorsque celui-ci est cité dans un film, car c'est comme si vous entriez dans ce film pour quelques instants.
Au risque de vous décevoir, je ne connais pas la recette de ce poulet, je peux simplement vous assurer qu'il était très bon et que cette soirée scintille dans ma vie (je ne peux la raconter car ces souvenirs ne sont qu'à nous deux, ne m'en veuillez pas).
En fait, je n'ai jamais cherché à la trouver ou la reproduire. Elle appartient pour moi désormais au souvenir de cette soirée dans ce restaurant, tout comme ce restaurant était étroitement lié à cette recette, au point que je ne pouvais concevoir commander autre chose. J'espère simplement y retourner un jour...

Quand j'ai des invités, je leur sers souvent en entrée la recette suivante : Le Pamplemousse au crevettes: Elle appartient au film No Smoking (avec son pendant Smoking). Sabine Azéma et Pierre Arditi y jouent chacun plusieurs personnages avec des destinées qui différent selon leurs actions ou décisions à un moment donné (Le point de départ avec deux trajectoires différentes vient de la décision de Celia/Sabine Azéma de s'arrêter pour fumer une cigarette ou de ne pas fumer. Ce qui fait qu'elle tissera des liens privilégiés avec Lionel ou Miles, tous deux interprétés par Arditi).
Dans la première option, Célia et Miles attendent que leurs époux respectifs viennent les rejoindre sur la terrasse pour un repas entre amis, un samedi soir. Sur un malentendu, Miles avoue ses sentiments à Célia, qui les partage mais empêtrée dans ses contradictions, elle n'ose pas y répondre. A la place, elle lui explique ce qu'elle a mis dans son entrée, des pamplemousses aux crevettes.
Là encore le tragi-comique de la situation nous permet d'aller plus loin qu'un simple visionnage et, en faisant épeler les ingrédients, l'auteur permet incidemment au spectateur de connaitre la recette de ce qu'ils sont en train de manger **
Et à moi de les noter dans un cahier et d'en faire un des plats récurrents de mes repas entre amis. A chaque fois, je rends mentalement hommage aux scènes qui me les ont fait connaitre (au point que dans mon cahier, la recette du pamplemousse est devenue "salade no-smoking"). D'ailleurs, je me rends compte maintenant que je ne la fais jamais si je n'ai pas d'invités, comme si je ne pouvais pas la sortir de sa situation initiale. Et quand mes invités ne sont pas très nombreux. C'est une recette très simple, mais décortiquer des crevettes et éplucher des pamplemousses peut vous procurer une crise de nerfs si vous devez le faire pour plus de 6 ou 8 personnes.

Et pour finir un ...Cherry coke. Oui, juste ça.
Je suis consciente que ce n'est pas un plat et encore moins une recette. Mais le film qui m'a fait découvrir cette simple boisson fait aussi partie des films de ma vie.
Cette boisson, je l'ai connue grâce au film dont je vais vous parler et, soit dit en passant, il m'a fallu plusieurs années d'attente avant que le Cherry coke ne soit exporté, et donc pour y goûter. L'attente crée le désir et marque les esprits, surtout quand on a passé son adolescence loin de la nouveauté (j'avais 15 ans quand j'ai vu le film). Alors, à chaque fois que j'y goûte, je goûte aussi sa rareté pendant une période de ma vie. Comme quelque chose qui a gagné sa valeur dans le fait de l'avoir voulu longtemps.
Mais je m'éloigne de la quintessence même et de ce qui me touche. Il s'agit d'un film qui date de 1989, Steels Magnolias avec Shirley Mac Laine, Daryl Hanna, Sally Fields, beaucoup d'autres acteurs déjà très célébres ou qui depuis le sont devenus. Et aussi une toute jeune débutante : Julia Roberts. Si je m'attache à elle c'est parce que, d'une part, je suis fan de cette actrice et de son style de grand fille saine, mais surtout parce que son personnage est central. Tous les personnages féminins sont dans ce film traités comme des premiers rôles, mais celui de Shelby, incarné par Julia Roberts, est la raison même du film. Tout ce qui se produit de marquant ou de dramatique est mû par les grandes étapes de sa vie (son mariage, sa grossesse, et finalement sa mort). Se consacrant totalement aux autres et à leur bonheur, elle est l'ange du film, jusqu'à devenir un ange gardien.
La scène durant laquelle un des personnages demande un Cherry coke est symbolique à mes yeux. Elle se situe au début du film et représente un temps où le meilleur peut encore se produire et où le malheur est mis à distance. C'est le mariage de Shelby, tous sont heureux autour d'elle et elle a encore tout l'avenir et l'espoir qui s'offrent à elle. Et c'est grâce à ce Cherry Coke qu'Annelle/Daryl Hannah, toute jeune et timide, rencontre l'homme qui va partager sa vie.
Ce film depuis a pris une dimension supplémentaire car l'histoire de Shelby est proche de celle d'une de mes plus chères amies : elle aussi est atteinte d'une maladie incurable. Mais, fort heureusement, ma copine d'amour a survécu à son accouchement et elle est parmi nous (d'ailleurs, elle le sait, elle a interdiction absolue d'être gravement malade). Et elle a la même douceur et la même force intérieure que le personnage de Shelby. ***

Voilà, j'ai fini pour ajourd'hui. Je pourrais encore blablater longtemps, mais il faut savoir se retirer avant que tout le monde ne soit fatigué.

Dites-moi, à votre tour, est-ce que des plats vous ont marqué dans des films ou des séries ? Est-ce que cela fait maintenant partie de votre vie ?
Ou bien est-ce que je suis, définitivement, irrécupérable ?


* Désolée, j'ai cherché désespérément les photos de films/séries cités où l'on peut voir ces fabuleuses recettes... Pas moyen de les trouver ! Mais, je vous assure que Denise Grey est en train de passer commande... "Une frite bien chaude, avec un demi de la doucette". Bises

** Sur simple demande, je peux en fournir la liste, c'est très simple à réaliser mais je ne voulais pas alourdir ce message et peut-être perdre votre attention.

*** Ce film est tiré d'une histoire vraie. Celle qu'un frère a écrit pour sa soeur diabétique et dont il était très proche. C'est en tirant de sa vie une pièce de théâtre, très connue aux E-U, qu'il devient un auteur reconnu. Jusque dans la mort, sa soeur aura pour lui une aura bénéfique.


dimanche 12 mai 2013

Retour vers le fluo II *

 
 















Ceux qui ont lu le premier opus savent bien à quel film je fais référence. Les autres, allez perdre votre après-midi sur ce blog au lieu de rendre ce dossier que votre boss vous réclame depuis 15 jours. Surtout si, comme moi, vous avez eu ce grand bonheur d'avoir un(e) boss qui passe ses journées à chercher une nouvelle maison...Vous avez ma bénédiction !

Pour reprendre le fil de la discussion sous un angle de cinéphile, il est communément admis que le deuxième Opus est moins bon que le premier. L'exception étant Le Parrain II, bien entendu.
Si cela s'insère dans une trilogie, c'est tout ou rien pour le troisième. Mais nous n'en sommes pas encore là.
Cette question est abordée par exemple dans Scream 2, que d'aucun considèrent comme le moins bon des trois (On se souviendra que West Craven est une pointure donc on ne fera aucune référence au quatrième). Bien entendu cela sent déjà le réchauffé, on reprend une idée déjà exploitée et on l'étire comme un chewing-gum dans une pub Hollywood.

Alors, j'ignore totalement quelle sera la qualité de cette suite de chronique. Et je n'oserais pas me prononcer.

Toutefois, faisant référence à mes propres échelles et points de comparaison, je vous assure que le coeur des hommes 2, un de mes films fétiches, est aussi bon, si ce n'est meilleur que le premier. Je ne peux pas encore vous donner mon sentiment sur le troisième volet puisqu'il ne sort qu'en octobre.
(Pour la petite histoire, j'avais gentiment été invitée par Mister Esposito himself pour un pré-visionnage le 2 mars dernier avec quelques autres privilégiés, si si je vous assure, mais j'étais dans l'avion de retour des fidjis,. Oui, ça aussi c'est vrai. Et dans la vie... on doit faire des choix. Alors j'ai privilégié le voyage de mes 10 ans de mariage et retardé mon envie de voir ENFIN la suite).

Si le coeur des hommes 2 est aussi heureux que le premier, et c'est un avis majoritairement partagé, c'est parce qu'il en est la suite, certes, mais c'est avant tout la continuité d'une histoire qui pourrait être sans fin et qui se renouvelle. Tant que vos amis restent vos amis, votre plaisir, à les voir et à connaître leur vie, reste inchangé.

Je ne pourrais en dire autant de cette chronique. D'où est-elle partie déjà ? Ah oui, j'ai eu l'idée malheureuse d'aller faire un tour chez Pépé jeans un midi de la semaine dernière avant d'aller au restaurant. Ah cette envie d'acheter la moitie du magasin du pantalon rose au t-shirt large très coloré avec rayures, sorti tout droit de mon adolescence !
Pourquoi, alors que je n'ai en rien le budget qui va avec ? C'est une question, suicidaire, à se poser effectivement.
D'autant que chez nous les mois de mai sont (financièrement) meurtriers **

Cette chronique n'est pas tellement sérieuse puisqu'elle prend sa source sur de l'éphémère, la mode.
Et demain, tenez-vous bien la mode, ne sera plus au fluo. Alors, c'est vrai que nous sommes encore en plein dans le revival des années 80, mais vous allez voir que ce courant entame déjà ses derniers tours de pistes...

Vous vous souviendrez de ce que je vous ai dit : Fun radio diffuse depuis un an déjà, et de moins en moins timidement, des remix des tubes des années 90. 
Et la mode dans les années 90 c'était les longs manteaux, les longues jupes...Je vous assure que j'ai porté redingote (vintage) et  jupe noire qui battait mes talons sur mes bottines de Mary Poppins (Oui, bon on a les références qu'on peut) et je certifie que j'étais à la mode (Je le suis nettement moins maintenant).
Oui, on peut aussi se souvenir d'Hélène mais soyons sérieux, oublions ses garçons et regardons plutôt du côté de ses miracles amoureux. On gardera des intemporels tels que le petit t-shirt blanc avec le jean ou la classe d'Uma Turman qui danse le twist dans une longue veste.
Et puis, on doit rester stylée alors on ne s'aventurera pas du côté des pantalons brillants et on ira d'un pas décidé vers les vraies coupes, l'élégance mais avec un zeste de rébellion.
Ceci ayant été amorcé par le succès de la série Dowton Abbey. Les trois nanas de la série ont fait la couverture du vogue de Janvier 2012 (et j'ajoute de Grazia).

Oui, c'est bientôt fini aussi le revival avec Mad Men des années 50 (qui était déjà dans les années 80, la décennie à remettre à l'honneur en matière de fringues).
Les défilés automne-hiver de 2013/2014 l'ont confirmé : longs manteaux et longues robes ; et fini les épaules carrées (voire pointues). On recherche de la rondeur, de la douceur.
Ce qui prouve bien que la mode ne reflète qu'une image tronquée de ce qu'elle veut imiter. Il n'y a pas plus acerbe et émotionnellement traumatisant que cette fiction. Personnellement, cette impression qu'on vous arrache le coeur de la poitrine était devenue une sorte de drogue, partie intégrante de mon addiction à cette brillantissime série.

Alors profitez bien de vos pulls rose et vert amande (tendance flashy) parce qu'on va bientôt devoir les remiser en nous demandant ce qui nous a pris.
Laissons passer l'été les filles et rhabillons nous de pudeur, de non-dits et de délicatesse, cela nous fera du bien !

PS :Je ne sais pas encore s'il y un "Retour vers..." III,
Après tout, cela pourrait symboliser la fin (provisoire) du fluo...c'est bien dans le troisième Opus que la machine spacio-temporelle est détruite par un train...Non ?



* Oui, j'avoue cela fait 6 mois que je ne me suis pas consacrée à ce blog. Pas d'envie particulière qui m'ait accrochée ici et puis mes plus proches savent aussi que je ne fais pas rien de ma vie...Bien au contraire ! Mais merci de me lire encore !!!

** Il y a un très bon film que je vous recommande "Les Mois d'avril sont meutriers"

jeudi 8 novembre 2012

SOULEVER LE VOILE DES APPARENCES

Je feuillette parfois le blog de Garance Doré*,  très connue des fashionistas, dont je ne suis pas - je vous rappelle que je n’aime rien tant que les robes à fleur (Trop « old fashion », je crois).Pourtant, j’y vais lorsque je veux rattraper mon retard en matière de mode ou attraper des idées, avoir la sensation d’être dans la vie, quoi. Et puis, Garance prend des photos comme personne.  
Lors de ma dernière visite, j’y ai trouvé une vidéo où elle s’entretient avec une certaine Costanza (Pascolato). Sa présentation m’apprend que depuis les années 70, elle est une égérie de la mode, la « consultante la plus adulée du vogue brésilien » et rédactrice en chef de journaux prestigieux. Je n’avais aucune idée de qui pouvait être cette dame...trop maquillée pour son âge et qui manie un anglais dont on comprend que ce n’est pas sa langue maternelle …pour un peu elle portait de la vraie fourrure et je la vouai à une éternité de mauvais sort. J’avoue, je sentais l’agacement monter vers les stéréotypes de mon cerveau reptilien !
Et puis elle s’est mise à parler avec simplicité et humour de la mode ou plutôt des modes. Et, face au regard lucide qu’elle porte sur elle-même, sur la mode et le diktat des apparences, je commence à trouver cette dame de 70 ans tout à fait sympathique et je prends un vrai plaisir à l’écouter :
Je partage avec  elle cet agacement que " Le luxe n’est plus rare » et surtout qu'il est devenu une obligation plus ou moins explicite : il faut avoir son Vuitton à la main, ses Manolo Blanik (ou Louboutin) aux pieds et quelques portants issus d’Isabel Marant (par exemple). Même dans « Sex and the City », qui est devenu avec le temps une vitrine ouverte de mode, avoir un vrai Fendi ou le Kelly d’Hermès a un sens et un coût qui ne se traduit pas en monnaie trébuchante mais bien en efforts et parfois en douleur.
Pour moi, un objet précieux doit être une récompense et/ou un formidable souvenir, sans quoi je sais que je vais finir par le mépriser ou pire l’oublier.
"Avant, on pouvait faire des découvertes, c'était réjouissant" Costanza Pascolato
J’ai aussi cette désillusion de retrouver maintenant partout où que j’aille, Rome, Londres ou Saint Martin les mêmes enseignes, les mêmes styles.
Ma principale préoccupation, quand j’anticipe et je rêve le prochain voyage c’est bien de revenir avec des produits uniques (gants ou robes…mais ça vaut aussi pour la pâte à tartiner Gianduja qu’on ne trouve qu’à Venise ***) et qui ont mérité le déplacement et l’argent que j’y ai investi. Bien-sûr, cela me ravit de trouver des parfums anglais dans la boutique « Ombres portées » des garçons à Lille, mais je me faisais la réflexion que si une américaine à Paris me demandait de lui indiquer une marque de parfum introuvable ailleurs, je serais bien en peine de lui répondre, en dépit de l’étendue de mes connaissances en matière de senteurs divines.

Plus loin dans la vidéo,  quand Garance lui demande quel est l'éternel féminin, elle assure que tout n’est finalement qu’un éternel recommencement, les silhouettes se succèdent et ne se ressemblent pas. Un jour des années 50 on veut une femme-femme, le lendemain Twiggy fait sa loi. Mais pas pour longtemps : Laetitia Casta et Gisèle Bundchen sur le sable attendent leur heure...
(Récemment, j'ai relu Maupassant. Dans ses Contes Cruels, plus spécifiquement Melle Fifi, Il avait décrit ces canons de beauté à l'opposé l'un de l'autre. Mais, à cette époque ces deux types de femme sexy cohabitaient. Il y en avait pour tous les goûts et il ne s’agissait pas de prendre ou perdre 10 kilos selon les années).
Ce que Mme Pascolato exprime n’a pas vocation à finir en citation éternelle dans le Lagarde et Michard -de toute façon, rien ne m’agace plus quand la mode se prend au sérieux et se targue de références qu’elle ne maitrise pas - mais je comprends pourquoi elle a su résister à ce milieu aux carrières éphémères.
Et, voilà comment, en quelques mots, je peux finalement me sentir proche d'une inconnue vers qui mon regard ne se serait jamais porté et j'ai envie d'en savoir davantage sur elle. Le monde alors revêt pour moi d'autres couleurs. Ce type de rencontre apporte un petit plus dans ma foi en l'être humain, comme si un soir de novembre. alors que je suis perdue, quelqu'un dans la rue me mettait dans la main un papier avec quelques mots plein de sens.

Maintenant, j'avoue être dans l'impasse : comment vais-je réussir à faire le lien entre ce que je viens d’écrire et une fille qui porte le voile ? J’avoue que la seule idée qui me vient à l’esprit, c’est  une scène dans Sex And the city 2. Cette scène que je trouve plutôt bancale, fait rencontrer des musulmannes et les 4 héroïnes, très étonnées de les découvrir très à la mode une fois qu’elles retirent leurs superpositions de voiles noirs. Quel que soit notre pays ou notre apparence religieuse, nous sommes toutes obsédées par Prada ? Pfou, ça ne va pas bien loin tout ça…
Non, je vais essayer d’être plus fine et utiliser avec modestie les mots de Costanza:
« La mode est le seul métier où l’apparence est primordiale car vous êtes jugés en permanence et votre apparence influe sur la perception que les gens auront de votre travail »
Elle a l’intelligence de cantonner la façon dont on s’habille au domaine où elle a le plus sa place. Pourtant, la réalité nous rappelle que cette position, que nous devrions tous partager, ne l’est pas. L’apparence joue un rôle fondamental dans notre relation aux autres.
Il y a quelques semaines, j’ai suivi une formation pour le TOEIC et au bout de quelques jours, j’ai dit à mon chéri « cela va t’étonner mais la personne avec qui je m’entends le mieux, c’est Naouel, une fille qui porte le voile ».  Ce  à quoi il a répondu que cela ne l’étonnait pas tant que ça car la vie est plein de surprises et que j’aime les surprises.  Pourtant je dois être honnête : La vision dans la rue d’une femme portant un voile me meurtrie et m’agace.  J’ai appris à connaitre des personnes d’origine maghrébine et parfois d’obédience musulmane lors d'un précédent emploi. J'y avais rencontré des personnes courageuses, des personnes qui  ne se présentaient pas aux entretiens d’embauche car, par exemple, elles n’avaient pas fini leur vaisselle (véridique) ; mais aussi certaines qui s’étaient battues en Algérie ou face à leurs proches en France pour ne pas porter le voile alors que d’autres le revendiquaient. Je me souviens en particulier d'une très jeune femme qui me faisait de longs discours sur sa foi tout en portant des sous-vêtements que j'avoue avoir des difficultés à les qualifier de façon neutre ? (comment je le sais ? mais parce qu’ils étaient visibles)
Vous me direz que je ne suis pas concernée et que je pourrais faire comme si je n’avais pas vu mais je crois que nous sommes connectés d’une façon ténue mais persistante (Je ne suis pas en train de délirer ni de vous parler new-Age mais de travaux  en psychologie qui ont prouvé l'impact de tous sur un seul). Et puis cela crée forcément en moi ce qu'on appelle une dissonance cognitive. Pour faire simple et ne pas perdre votre attention : Je demande à mon cerveau d’associer deux éléments contradictoires (pour moi : des chasseurs qui aiment les animaux ou le orange est une couleur qui me va), ce qu’il refuse de faire parce qu’il ne trouve pas de lien logique. Il crée donc  en moi un malaise pour me rappeler que je ne dois pas lui demander des choses impossibles en l’état actuel des choses. Si cette image est plus parlante pour vous, imaginez de faire entrer un cube dans un cercle, tous deux de tailles différentes. Oui, deux cercles de taille différentes ne conviennent pas davantage **, mais vous me comprenez, n’est-ce pas ?
Pourtant face à Naouel, mon cerveau n’a pas dysfonctionné. Et au fur et à mesure des jours il m’est devenu évident que j’avais de l’affection et de l’admiration pour elle. Ce qui confirme d’une part mon mantra digne d'un normand qui se résume à « il y a des cons et des gens bien partout ». Ce que je peux compléter un autre de mes mantras « nos opinions se construisent et reconstruisent par nos expériences de vie » et par une citation de Boris Vian que j'aime car elle reconnait le droit à la différence et à l'individualité : 
« Ce qui m'intéresse, ce n'est pas le bonheur de  tous les hommes, c'est celui de chacun »
 
J'ai des préjugés comme les autres, je viens d'en faire la démonstration mais j'essaie de ne pas généraliser trop souvent. J'avais appris durant mes études qu'on n'est jamais exempt de ses propres stéréotypes, mais qu'en avoir conscience permettrait d'en abandonner quelques uns.
 
 
 
 
* http://www.garancedore.fr/category/features/pardon-my-french/
**il s’agit d’une autre opération pour notre cerveau : Il doit alors, grâce à de nouveaux élèments qu'il va chercher, ajuster le cercle ou le rond qui y entre afin de créer une association qui fonctionne. Transposez  cela aux idées, concepts, valeurs ou perceptions et vous aurez…tout compris !
*** Si vous y allez un jour,  je vous donnerais l’adresse

dimanche 28 octobre 2012

Les envies muettes



Envie de tout quitter et de tout recommencer
Envie de laisser partir et de tout lâcher
Ouvrir les doigts dans le vent et espérer s'envoler

Envie de voguer loin loin vers des terres cachées
Envie de poser pied sur une île inhabitée
Se faire oublier et ne plus penser

Envie d'écrire et de tout déchirer
Envie de ne plus laisser l'injustice s'installer
Trouver un sens au chaos installé

Envie de tout lire et ne rien emporter
Envie de dormir et surtout ne pas rêver
Ecouter l'incessant ressac de la mer

Envie de crier et se voir hurler
Envie de se blottir et aucune confiance n'accorder
Fermer son coeur à tout étranger

Envie de tout dire et ne rien négliger
Envie de voir s'effondrer des chateaux volés
Ne pas se retourner quand on se sent appelé

Envie de taire le son qui monte et juguler ses pensées
Envie de noircir des pages et des destinées
Crier sa douleur et se voir glorifié

Envie d'arracher les masques des sorciers
Envie de les laisser se consummer
Retirer l'innocent chat noir du brasier

Envie de lire dans ses yeux la paix retrouvée
Apaiser sa souffrance et panser ses plaies
Et par lui avoir envie de continuer...

vendredi 14 septembre 2012

Où il est question de "La tarte sauterelle", mais pas que...



13.09.2012
Le livre de cuisine d'inspiration italienne "Nigellissima" (tant et tant attendu par moi) sort aujourd'hui. Une des obsessions de Nigella - trouver la recette de la tarte sauterelle vue dans GLEE*- étant devenue aussi une de mes obessions- retrouver l'épisode où un des personnage reprend une 4ème part de cette tarte-, je démarre de façon hasardeuse une toute nouvelle chronique. Je suis consciente que mon état mental ne s'arrange pas, d'autant plus que je dois vous laisser pour aller à un ENNUYEUX rendez-vous avec le pôle emploi.

Je suis de retour. Mon rdv s'est finalement révélé plus constructif que prévu car mon bon niveau d'anglais et ma détermination vont certainement me permettre de suivre une formation intensive de 10 jours et passer le TOEIC, examen toujours bon à valoriser sur un CV. Je suis en recherche d'emploi et j'ose maintenant me croire assez importante sur cette terre pour postuler à des missions incluant une réelle utilisation des langues étrangères : Anglais pour commencer puis Allemand et pourquoi pas italien et un chouia d'Espagnol. A la suite de cette formation, je saurai davantage "me vendre" comme on dit par chez nous.
C'est vrai que, si je réussis honorablement cet examen, ou même si je perfectionne suffisamment mon anglais, cela me fera sentir plus confiante "deep deep inside" (profondément en moi comme enraciné). Vous pouvez constater au passage que même une traduction simple m'est impossible, il faut toujours que j'en rajoute.
Mais cette réussite, parce que cette formation ne peut qu'être une réussite personnelle, poursuit le sentiment extrémement gratifiant que je ressentais aprés chaque heure de perfectionnement en anglais reçue lors de l'un de mes précédents emplois. Que la femme de mon ancien boss soit remerciée pour ça ! Et aussi pour sa façon insconciemment burlesque de papilloner des paupières dés qu'elle devait sortir trois mots, rarement bien associés, "It's a I to makes euh", mais je m'égare.
La sensation d'apprendre et surtout d'apprendre avec bénéfice est une sensation unique, elle comprend la récompense sans efforts ou presque. Cela rejoint le sentiment d'être en reconnaissance avec soi-même. Je veux dire par-là de s'accepter tel(le) que l'on est mais aussi, quand on a atteint un niveau supérieur de sagesse, de s'en remercier. Je ne parle pas ici d'admiration -cela s'apparenterait à de la flagornerie ou à de la contemplation tel Narcisse et sa source - mais bien de vivre avec soi-même comme avec un ami de longue date. Ces réflexions sont le fruit des coûteuses formations en développement personnel mais aussi là de ma lecture immédiate d'une interview de...Nigella.
Vous noterez que comme un chaton je retombe toujours sur mes pattes, de façon maladroite c'est vrai, et parfois touchante, aussi.
Nigella face aux journalistes qui speculaient sur le comment de sa perte de poids, expliquait que ce n'était dû qu'à ses oignons de pieds. Ceux-ci la faisant atrocement boitiller, elle devait, même elle, se motiver pour les aller-retours au frigo ; et que dépendante des autres il était quand même gênant de demander "une deuxième part de gâteau". Il est déjà courageux de sa part de parler de pieds boiteux dans un même article où il est mentionné qu'elle a 52 ans. Mais, même si mon objectivité peut être remise en cause, un coup d'oeil suffit à balayer avant qu'elle ne se forme une image peu flatteuse de sa féminité et lui rendre son statut de déesse **
Elle explique aussi son indéfectible attachement à la nourriture plutôt qu'à un jean taille 36 et que si sa priorité est de suivre la mode, ça ne dure jamais que deux jours. Comme je la comprends.
Une autre de mes égéries, Nadége, la grande gagnante de la téléréalité, a peut-être pris quelques kilos entre le manque d'activité et le besoin de compenser l'indifférence de son Thomy mais elle est restée belle et surtout elle-même. La trouver attirante quand elle est mince ou ronde n'est qu'une question de préférence ou de critères personnels, rien de plus. Elle a survécu au jeu et gagné et le coeur du public et le chèque de 150 000 euros parce qu'elle a tout assumé, ses excés en tous genres, ses larmes, sa vulnérabilité. Elle a "pris à bras le coeur" les relations qui se sont données à elle. Elle a été la seule paradoxalement à ne pas "jouer". Elle n'a pas établi de stratégies, elle n'a pas trahit ou retourné sa veste. Elle est restée fidèle à ses attachements. Sa victoire est, de source sûre (Miss Chris grande spécialiste en Reality show), sans précédent (73 % de votes en sa faveur, excusez du peu).
Ce qui me laisse penser que si elle est restée profondément attachante en montrant ses félures, c'est la victoire de l'authentique sur la superficialité !
D'ailleurs, j'ai un scoop pour vous : si un jour j'écris le roman que j'ai dans le coeur, et que celui-ci devait par un merveilleux hasard être adapté au cinéma, je lui proposerais de jouer mon rôle, une forme de moi à un moment donné. Je me suis tellement reconnue la voyant "revenue du sas" pieds nus en sautant et s'exclamant "I'm back !"
Je vais donc dés maintenant chercher les ingrédients curieux de cette tarte : crème de menthe, liqueur de chocolat blanc et autre et tout assumer  : le plaisir de la faire et le plaisir de la manger...

Interview : http://www.telegraph.co.uk/foodanddrink/9216950/Nigella-Lawson-surgery-is-the-secret-of-my-weight-loss-but-only-for-my-bunions.html

* GLEE est une série américaine que je regarde avec adoration en ce moment : une bande jeunes très talentueux, pourtant considérés comme des loosers forment une chorale. Enthousiasmant !
**Référence à son livre "How to be a Domestic Goddess" : "comment être la déesse du foyer". Les journalistes anglo-saxons ont d'ailleurs pris l'habitude de l'appeler ainsi.

vendredi 20 juillet 2012

L'amitié, c'est ce qui compte...ça et les chansons associées à Mark Green

10/07/2012



Ce matin, je me suis réveillée de bonne heure...je ne savais pas qu'il était si tôt. Mais, je ne voyais pas d'intérêt à me recoucher puisque je n'étais pas fatiguée. S'il le faut, j'irais dormir sous les étoiles un peu plus tôt ou encore je ferais la sieste sur le transat. Ceci dit, rien n'est moins sûr car je suis, depuis l'âge d'un an, dans l'impossibilité quasi-absolue de dormir l'après-midi. Peu importe. La première solution me parait bien tentante, d'autant que maintenant je pense à ma So qui aime aussi regarder les étoiles quand elle est en vacances dans le midi et philosopher...
Vers 7 heures, je me suis baignée toute seule dans la piscine...en compagnie du petit robot qui faisait le ménage. On ne s'est pas dérangé.
Pourtant, j'ai ouvert les yeux à 6 heures et j'ai eu tout de suite très envie de retrouver l'eau fraîche dans le calme du matin. Mais avant, je suis allée sur faire un tour sur un Forum qui existe sous différentes formes depuis presque 10 ans. Il tient par des liens virtuels mais réels.
Parce que ce que je voudrais vous expliquer dans les lignes qui vont suivre, ce qui compte vraiment, c'est  l'amitié. Les sentiments sincères et désintéressés qu'on a pour quelqu'un.

Ça et les chansons -deux en particulier- qui sont associées au personnage de Mark Green dans la série culte des années 90 : Urgences.
Je ne me souviens pas avoir eu autant d'attachement pour un personnage qui ne soit ni un sex-symbol, ni même particulièrement beau, ou ayant du charme. Pourtant, sa grande silhouette arpentera encore pendant longtemps les couloirs du Cook County (hôpital imaginaire) et ceux de ma mémoire. Et probablement la mémoire de tous ceux qui ont aimé cette série. Sa "mort"a été classée comme la plus marquante et la plus touchante de toutes. Pourtant, elle est traitée de façon sobre, loin de tout effet larmoyant. Mais, si la mise en scène est poétique et nous surprend avec douceur, c'est bien l'incroyable personnalité de ce médecin au grand coeur qui nous rend profondément nostalgiques et orphelins quand il part. "Sois généreuse ma fille...toujours" sont ses derniers mots.
Avant cela, il a écrit un belle lettre sur l'amitié et les liens qui l'unissaient au reste de l'équipe. C'est John Carter, à qui il a appris l'essentiel - s'occuper des patients avec dévouement- qui la lit, juché sur le bureau d'accueil ; médecins et infirmières autour de lui l'écoutent avec passion.
Les semaines et les mois passeront sans que quiconque retire la lettre accrochée par fidélité au tableau d'information. Il est probable aussi que ceux qui l'ont aimé la considérent comme un talisman. Et tout le monde aimait Mark, à des degrés différents.

Une autre chanson est emblèmatique du personnage : "Somewhere over the rainbow", chantée par Israel Kamakawiwo'ole .
Cette version a eu l'année dernière un succés fracassant. Pourtant, elle date de 2001, justement l'époque où a été tourné l'épisode où Mark retourne à Hawaï. Il y a vécu dans sa prime jeunesse et décide d'y rester jusqu'à sa fin pour de ce qu'il va appeler "sauver sa fille".
Je vous l'avais dit un peu plus haut, la mise en scène est sobre. Sa mort est apprise par ses collègues en même tant que par le spectateur : quelques mots à la suite de cette lettre particulièrement touchante. L'épisode suivant nous donne à voir les derniers jours de Mark et à la fin nous comprenons que son sommeil est devenu éternel. Pas d'agonie, pas de gros plans de son visage sans vie. Juste ceux qui le montrent souriant à la vie, à ses filles et sa femme. La tristesse de ses collègues lors de son enterrement à Chicago ne nous laisse aucun doute, Mark est resté pour toujours face au soleil couchant sur l'océan, ayant -peut-être- trouvé l'harmonie dans ce qui l'entoure.

Pourquoi est-ce que je vous parle d'amitié et j'y associe deux chansons qu'on entend dans la série ? Ce matin, c'est l'anniversaire de celle qui a créé une Bulle de douceur, de bonheur et d'amitié. Qui a créé le Forum. Et je voulais laisser un message avec une chanson très forte (pour moi) pour lui rendre un peu de tout ce qu'elle nous apporte. Cette chanson c'est "Old Friends"de Simon et Garfunkel. Elle accompagne Mark quand celui-ci emmène son père mourant faire un tour en bateau pour lui permettre de revoir la mer. Peu importe que ce soit un lac -immense-c'est un des moments magiques de la série. Et son cadeau a plus de valeur et de sens que toutes les possessions matérielles.
Ces chansons touchent à l'indicible. Elles illustrent ce qui nous transporte et nous meut. Elles ont de commun à l'amitié le sens profond de la vie.

Une amitié se construit et se nourrit. Tout le monde sait ça. Ou devrait le savoir. Elle peut partir de rien. D'un échange de sourires qui donnent la sensation de s'être reconnus avant de se connaître. Parfois, elle peut partir d'elle-même sur la pointe des pieds sans faire de bruit. Comme un voyageur de passage dans une auberge. Parfois l'illusion peut être longue. Dix ans en ce qui me concerne. Ou bien avoir le cheminement, la signification inverses : croire que les liens flottent au vent alors qu'ils forment un noeud de marin. Rien de ce qui a été fort ne peut s'oublier, ni ne peut se détruire. "ça marque pour la vie" m'a dit en substance celle qui a créé des liens avec moi il y a trente ans.
Une amitié naît de l'attention que l'on porte à quelqu'un, elle suit un regard bienveillant. Elle peut émerger autour d'un verre de vin et d'une belle tablée, mais pas uniquement. Des fêtes à répétitions du temps de mes études n'ont donné que des liens plus évanescents et transparents que le souffle du vent. Une fumée sans feu.

(A suivre)